« Un oreiller ne remplace ni le diagnostic ni la PPC. Il sert à rendre la position sur le côté tenable toute la nuit et, sous masque, à laisser assez de place pour que l’air ne fuie pas. »
Ce que la position change, selon les sources médicales
Dormir sur le dos favorise la survenue des apnées, rappelle l’Inserm dans son dossier sur le syndrome d’apnées du sommeil, au même titre que l’alcool, le tabac ou certains médicaments. L’institut range les approches positionnelles, dormir sur le côté ou utiliser un oreiller de positionnement, parmi les mesures qui limitent la fermeture de la gorge. Pour l’apnée modérée, l’Assurance Maladie précise que dormir sur le côté plutôt que sur le dos peut réduire de moitié le nombre d’obstructions pendant la nuit.
L’effet reste inférieur à celui d’un traitement. Une revue Cochrane publiée en 2019, qui réunit 8 essais et 323 patients, trouve que la thérapie positionnelle réduit l’indice d’apnées-hypopnées de 7,4 événements par heure par rapport à l’absence de traitement, avec un niveau de preuve faible, et que la PPC fait mieux de 6,4 événements par heure. Trois de ces essais utilisaient des alarmes vibrantes, les cinq autres des aides physiques comme des oreillers spécialement conçus ou des sacs à dos semi-rigides. La HAS recommande la PPC en première intention au-delà de 30 apnées ou hypopnées par heure, et l’orthèse d’avancée mandibulaire entre 15 et 30 en l’absence de maladie cardiovasculaire grave. L’oreiller vient donc après le diagnostic, en complément.
Sans appareil, rester sur le côté jusqu’au matin
Sur le flanc, l’oreiller doit remplir l’espace entre l’épaule et l’oreille. Trop bas, il laisse la tête pencher, l’épaule finit par gêner et vous roulez sur le dos sans vous en rendre compte, précisément la position à éviter. Trop haut, il plie le cou. La bonne hauteur dépend de la largeur de vos épaules et de la fermeté du matelas, d’où l’intérêt d’un modèle réglable à plaques ou à flocons. Notre comparatif des oreillers pour dormir sur le côté détaille ce réglage selon la carrure.
Si vous finissez malgré tout la nuit sur le dos, une hauteur moyenne qui soutient la nuque vaut mieux qu’une pile d’oreillers qui casse le cou vers l’avant. Les profils en vague de notre comparatif des oreillers ergonomiques pour les cervicales conviennent à cet usage. Le matelas joue aussi un rôle, que nous abordons dans notre article sur l’apnée du sommeil et le mauvais matelas.
Un traversin dans le dos pour ne pas vous retourner
Un oreiller ou une orthèse en mousse placés dans le dos vous aident à ne pas basculer pendant le sommeil, un conseil repris dans la fiche ameli consacrée à la vie avec une apnée du sommeil. Un traversin ferme de 90 cm fait l’affaire, posé dans la longueur contre les reins. Un coussin entre les genoux garde en plus la jambe du dessus à hauteur de hanche, ce qui rend la position plus confortable à tenir. Si cela ne suffit pas, les dispositifs positionnels plus contraignants, ceintures ou capteurs qui vibrent quand vous passez sur le dos, se discutent avec votre médecin.
Avec une PPC, préserver l’étanchéité du masque
Sous PPC, l’oreiller change de rôle. Quand vous tournez la tête, un oreiller haut et ferme peut pousser la coque du masque, qui se décale et laisse passer l’air. Faites ajuster le masque par votre prestataire pour limiter ces fuites, qui irritent les yeux. Selon l’Inserm, la contrainte du masque porté toute la nuit conduit une personne sur deux à abandonner la PPC au bout de trois ans.
Deux solutions existent côté oreiller. Un modèle à découpes latérales laisse la place au masque de chaque côté, et un oreiller réglable abaissé d’une couche réduit aussi la pression sur la coque. Dans les deux cas, préférez une housse qui passe en machine, puisque l’oreiller reste au contact du masque et du visage chaque nuit.